Une image vaut 1000 mots. L’adage bien connu vaut aussi sur internet. Une image utilisée à bon escient permet très probablement de renforcer la pertinence d’une page sur un sujet donné aux yeux de Google mais plus important, aux yeux d’un visiteur. En effet, des recherches montrent que 80% des internautes sont plus enclins à lire un contenu sur internet si il comporte une image. Et 64% s’en souviendront plus facilement.

Les bonnes pratiques selon Google pour utiliser vos images

Google explique très clairement comment optimiser les images pour maximiser leur impact sur votre référencement et ajouter du sens à votre contenu. En résumé, les recommandations officielles de Google portent sur les points suivants et visent avant tout à créer une expérience utilisateur de qualité :

  • positionner les images dans un contexte textuel de bonne qualité de manière à ce que l’image apporte un complément logique au contenu. L’image doit être positionnée à proximité du contenu le plus logique.
  • faire un bon usage des balises titre, alt, de la légende. A ce titre Google recommande de ne pas abuser du bourrage de mots clefs dans ces balises mais de rester le plus descriptif possible
  • ajouter des données structurées pour afficher les images dans des résultats enrichis directement dans Google Search

Matt Cutts, un des ingénieurs Google jusqu’en 2015, a signalé que Google “se réservait le droit d’utiliser potentiellement ” les metadata des images pour affiner ses analyses. Ces meta-data, appelées données EXIF sont notamment la localisation de la photo, sa date, le type d’appareil photo utilisé…

A ces bonnes pratiques officielles de Google, il est possible d’en ajouter certaines autres qui ont probablement un impact bénéfique sur la façon dont Google va interpréter vos pages web, c’est du moins le consensus chez les SEO :

  • créer un sitemap pour les images (un plugin wordpress tel que Image Sitemap vous sera utile)
  • optimiser vos titres et balises alt avec les mots-clefs visés
  • optimiser le poids des images

Comment optimiser ses images pour plaire aux utilisateurs (et à Google) ?

Il convient en premier lieu de publier des photos de bonne qualité mais au juste format : ni trop grand (car une grande image sera plus lourde et plus longue à charger ce qui détériore l’expérience utilisateur et consomme des ressources de bande passante inutiles)  ni trop petite car son contenu sera illisible ou pixelisé.

J’utilise habituellement deux formats d’images :

  • des images de 1000 px de long, pour les en-têtes d’articles ou pour les “images à la une” qui occupent une grande place à l’écran
  • des images de 700 px de long pour les articles ou les images positionnées dans le corps du texte d’une page

J’ai créé sous Mac OS, deux raccourcis via l’application Automator qui me permettent de redimensionner mes images d’un clic à ces formats. Gain de temps appréciable tant la manipulation d’images est fréquente.

Vous pouvez ensuite optimiser le poids de vos images en utilisant des services en lignes ou des plugins de compressions pour vos fichiers JPEG, GIF ou PNG. Je vous recommande le site TinyPNG qui permet de compresser de multiples formats, qui est gratuit, et qui dispose d’un plugin WordPress. Le gain sur un fichier JPEG est de l’ordre de 40 à 50% donc une image de 1000 px de long pesant initialement 250 Ko n’en fera plus que 125 Ko.

Schématiquement, cela signifie qu’un internaute avec une connexion internet de 10 Mbit/s pourra afficher votre image en 1/10ème de seconde au lieu de 2/10ème ou 3/10ème de seconde. cela parait peu mais si l’on ajoute toutes les images d’une page, on peut facilement gagner une demi-seconde de temps de chargement et bien souvent beaucoup plus quand les images sont de très grande taille.

Vous pouvez tester la vitesse d’affichage de votre site avec l’outil PingDom qui vous renseignera sur le temps de chargement et le poids de vos images et médias. Un site rapide est un site mieux positionné dans les résultats des moteurs de recherche.

reconnaissance visuelleGoogle analyse t’il le contenu des images pour affiner son analyse de la page ?

Voilà une question qui m’a longtemps tarabiscoté. Depuis les années 2000, Google mais aussi Microsoft développent des algorithmes de reconnaissance d’image dont les résultats sont impressionnants. Pour vous en faire une idée, vous pouvez tester le CaptionBot de Microsoft. Uploadez une image et sa légende sera automatiquement générée.

Depuis 2014,  le machine learning a rendu capable les ordinateurs de créer des légendes d’images de façon précise par détection d’objet, de personnes, de lieux et même d’émotions. Google Lens lancé en 2017 est par exemple utilisé dans Google Photo pour identifier des objets et des lieux en temps réel en fonction du contexte géographique et des formes… et c’est impressionnant. Dans la démo ci-dessous, la forme et les contours de la boutique probablement associés à la géolocalisation du téléphone permettent à Google d’identifier l’enseigne de façon instantanée.

La grande question désormais est : la reconnaissance d’image affecte t’elle le SEO ? La réponse est… aujourd’hui peut-être pas ou pas tout à fait mais demain probablement que oui.

La raison qui me porte à croire que Google n’exploite pas encore totalement ses capacités de reconnaissance d’image est résumée dans cette capture d’écran bien connue.

pizza_aux_anchois_-_Recherche_Google

La jolie dame ressemble t’elle à une pizza aux anchois ? Certes pas, et pourtant elle s’affiche parmi d’autres pizzas. Donc on peut émettre 4 hypothèses :

  1. Soit la reconnaissance d’image se trompe (ses yeux noir peuvent ressembler à des olives, son visage à une pâte un peu ronde etc…) … mais je n’y crois pas car la différence est trop flagrante.
  2. Soit Google n’applique pas la reconnaissance d’image à toutes les photos du web, notre exemple date de 2014 déjà. C’est possible mais étonnant.
  3. Soit Google n’exploite que partiellement la reconnaissance d’image et la pondère avec d’autres signaux comme le contexte, les balises etc…
  4. Soit Google ne l’utilise pas du tout.

Je pense que nous sommes quelque part entre la solution 3 et la 4 mais que la 3 va prendre de l’importance de façon logique.

Les photos issues de bases de données payantes ou libres de droits sont-elle néfastes au classement d’une page web dans Google ?

Matt Cutts a tranché dans le vif de façon claire dans une courte vidéo mais c’était déjà en 2013. Il mentionne clairement qu’il n’y a pas d’impact à sa connaissance sur le positionnement organique d’une page si l’on utilise une photo issue d’une base et pas d’impact positif si on utilise des images originales.

Ceci dit, et sans vouloir me lancer dans une exégèse des propos de Matt Cutts, il est probable qu’il veuille signifier que l’image en elle-même, et son contenu n’avaient pas en d’impact en 2013. Toutefois, il est admis que Google prend probablement en considération des facteurs statistiques objectifs (durée de la visite, taux de rebond, taux de clic…)  liés à la qualité d’une page pour moduler son classement. Et une page avec des images bien ordonnancée est plus agréable à lire qu’une page constituée uniquement de texte. Et de même, un résultat de recherche avec un snippet (petits éléments d’informations complémentaires affiché sur Google, comme une note… ou une petite vignette)  sera plus cliqué qu’une page sans, donc son taux de clic sera meilleur et son positionnement aussi.

Où trouver de belles photos gratuites sur internet ?

Comme nous l’avons vu, il est important d’illustrer copieusement un texte et les photos issues de bases sont acceptables. Les photos sont bien sûr le moyen numéro 1 à exploiter pour apporter du sens à un contenu textuel. Il existe de nombreuses bases de photos libres de droit et gratuites sur internet. Certaines proposent aujourd’hui une qualité équivalente aux meilleures bases payantes et c’est tant mieux tant le prix de ces bases payantes a connu une inflation galopante ces dernières années.

Voilà une sélection de bases de photos libres de droit et de qualité pour vos projets web :

  • Pixabay : une référence en la matière qui propose des milliers de visuels de bonne qualité. Les plus pertinent sont en général placé en haut de page. Petit plus de Pixabay : vous pouvez effectuer une recherche en français.
  • Unsplash : probablement la plus belle base de photos actuelle. Avec des clichés magnifiques et un choix immense en très haute définition. Téléchargement libre et gratuit sans même citer la source de l’image.
  • PikWizard : une autre belle base de photos gratuites
  • Pexels : une base digne de Unsplash mais un peu moins fournie
  • Flickr : ce réseau social de photographe dispose d’un catalogue démentiel. Il est possible de faire une recherche en filtrant les conditions d’utilisation des photos car de nombreux auteurs autorisent leur utilisation libre avec ou sans attribution même pour des projets commerciaux.

une image pour améliorer le SEO d'un article sur la nuit

Se constituer sa propre base de photos

SI vous travaillez souvent sur le web, il peut être pertinent de vous fabriquer votre propre base de photos pour votre usage professionnel. La plupart des smartphones produisent aujourd’hui des photos de qualité correcte et largement exploitable sur internet. C’est un état d’esprit, mais armé de votre smartphone, vous pouvez photographier tout azimut.

Je n’hésite pas à le faire pour mes clients actuels et futurs : tout ce qui serait susceptible de pouvoir illustrer un article, je l’immortalise. Il faut dans ce cas viser des photos spécifiques. Une énième photo de la Tour Eiffel n’a pas grand intérêt, il y en a déjà des millions sur les bases libres de droit.  Par contre vous pouvez photographier des scènes de vie, des objets, l’architecture sous un angle original, les transports, des animaux, des usines, des routes, des véhicules etc…

Pour ne pas perdre de temps à organiser tout cela et aussi économiser de la place, vous pouvez sauvegarder vos clichés et vidéos sur Google Photos qui est gratuit et offre un espace de stockage illimité. Le gros avantage est que Google Photos est capable de retrouver un élément d’une photo en effectuant une simple recherche, sans même que la photo ne soit taguée. Si vous tapez “chat”, Google vous montrera VOS photos de chats, c’est bluffant et ça marche.

Que faire quand il manque LA photo idéale ?

Il peut arriver malgré toute la bonne volonté du monde que l’on ne trouve pas LA photo idéale. Dans ce cas, il existe plusieurs solutions à envisager :

  • faire une photo de votre écran d’ordinateur qui affiche la page d’accueil d’un site qui parle du sujet en question, et vers lequel vous ferez un lien bien entendu.
  • demander à l’auteur d’une photo non libre de droit l’autorisation de l’utiliser en lui proposant un lien retour, ça marche très souvent
  • demander à vos contacts Facebook, Twitter ou Instagram s’ils n’ont pas ce que vous cherchez en stock avec l’assurance que le cliché vient bien d’eux

Si vraiment vous ne trouvez pas de photos pour illustrer vos articles, reste aussi la solution de faire une intégration d’une vidéo YouTube, d’un tweet ou d’un graphique Google Trends par exemple.