Mettre en place un système de paiement pour un site e-commerce est un passage obligé mais il peut être aussi très intimidant pour quelqu’un dont ce n’est pas le métier. La bonne nouvelle c’est qu’en l’espace de 10 ans, les solutions de paiement en ligne se sont incroyablement simplifiées et diversifiées. Il est aujourd’hui possible de mettre en place un paiement en ligne sans connaissances techniques avancées et en quelques minutes seulement. Cet article vise à vous proposer un guide complet mais simplifié pour comprendre le paiement en ligne à destination d’un e-commerçant.

Comprendre le fonctionnement global du processus de paiement en ligne

Le paiement en ligne signifie un transfert d’argent électronique sur ordre d’un client au moyen d’un formulaire accessible sur un site internet ou une application mobile. En règle générale, il est effectué au moyen d’une carte bancaire.

Le processus de paiement simplifié est structuré suivant les étapes suivantes :
1- L’internaute souhaite effectuer un achat en ligne depuis son panier. Il clique sur un bouton qui va le rediriger vers le serveur du prestataire de services de paiement (PSP).

2- En même temps que l’internaute est redirigé vers la page de paiement contenant le formulaire, des informations sont également transmises du site e-commerce vers le PSP. ces informations sont cryptées au moyen du protocole SSL c’est à dire que ces informations – pour qui ne dispose pas de la clef de cryptage – ressemble à une série de lettre et de chiffres sans sens.

3- Le PSP décrypte donc ces informations qui sont les données de bases nécessaires à l’enregistrement de la transaction : montant de la transaction, éventuellement détail de l’achat, nom et adresse de l’acheteur et bien sûr identification du vendeur.

4- Une fois le paiement enregistré (et éventuellement analysé au moyen d’algorithmes de détection de tentatives de fraudes), le client est redirigé vers le site e-commerce. Le PSP signale au site que la transaction a été effectuée en appelant une adresse précise afin que le système – plateforme e-commerce et système de suivi statistique – du e-commerçant enregistre la vente.

De plus en plus souvent, une étape intermédiaire désormais bien connue intervient : la vérification 3-D Secure. 3-D Secure est un protocole sécurisé de paiement sur Internet développé par Visa et MasterCard pour réduire les risques de fraude sur Internet. Il a pour but de s’assurer, lors de chaque paiement en ligne, que la carte est utilisée par son véritable titulaire grâce – par exemple – à l’envoi d’un code par SMS ou la vérification d’un code aléatoire – appelé token – affiché sur la carte du client pour les solutions les plus sécurisée.

Le risque de fraude à la carte bancaire

Depuis 2015, le volume total de transactions par paiement électronique en Europe augmente de 6,5 % par an. L’ensemble de ces transactions représente un marché considérable de 577 milliards d’euros en 2018. L’enjeu de la lutte contre la fraude à la carte bancaire est donc considérable. En France en 2014, les fraudes à la carte bancaire s’élevaient à 500 Millions d’euros

De nos jours, les systèmes de détection de fraude utilisent des algorithmes d’apprentissage automatique. Le taux de fraude est de l’ordre d’une transaction frauduleuse sur mille. La méthode mathématique la plus utilisée pour classifier des quantités de données considérables est la classification binaire supervisée. Les modèles de détection exploitent des corrélations complexes entre un grand nombre de variables. On utilise plusieurs classe d’algorithmes associés ensuite à la détection d’anomalies statistiques par rapport à une norme.

Les différentes solutions de paiement en ligne

Lorsque vient le moment d’ajouter un système de paiement à son site internet, plusieurs solutions s’offrent au e-commerçant.

Il peut s’orienter vers un établissement bancaire qui lui proposera de signer un contrat de VAD (vente à Distance) puis qui lui remettra une solution de paiement soit sous la forme de modules de paiement pour les plateformes les plus courantes, en général Woocommerce, Prestashop, Magento, soit sous la forme d’une documentation avec des webservices (API) c’est à dire un ensemble de codifications à intégrer dans le code du site à la main par un développeur PHP.

L’avantage de la solution bancaire et de son PSP est en général le montant modéré des commissions de transaction, de l’ordre de quelques centimes souvent décliné entre une partie fixe et une partie variable de 0,3% par exemple. Autre avantage notable, pouvoir afficher sur son site e-commerce le logo d’une grande banque française rassure les prospects.

L’inconvénient de passer par un PSP d’une grande banque c’est la lenteur relative du processus : il faut prendre un rendez-vous avec un conseiller, expliquer son projet, fournir des documents justificatifs, attendre des délais de prescription, attendre pour obtenir les accès au système de paiement puis mettre en place le module.

L’autre solution, que je privilégie toujours dans le cadre d’une lancement d’une boutique e-commerce à taille humaine c’est de passer par un prestataire indépendant. le plus connu est Paypal mais le montant des commissions pratiqué est à mon sens rédhibitoire pour en faire votre système principal.

Stripe est une excellente alternative. Le système est accessible en quelques minutes et votre site pourra recevoir les premiers paiement en l’espace de 15 minutes. Vous devrez ensuite fournir des pièces justificative pour pouvoir récupérer les paiements et prouver votre identité bien entendu. le montant des commissions est un peu plus élevé que chez une banque classique mais tout à fait modéré. La mise en place technique est simplifiée au maximum grâce à des modules Woocommerce ou Prestashop clef-en-main et gratuits.

Processus d’installation d’un module de paiement

Sur WordPress, vous devez aller dans l’onglet « Extensions » puis chercher l’extension que vous désirez ajouter. Installez le plugin et activez-le. Il faut ensuite le paramétrer avec des informations de base. Vous devrez pour commencer créer un compte chez votre PSP qui vous remettra des clefs uniques, en général une clef de production et une clef de test. Il faudra renseigner ces clefs dans votre plugin wordpress.

Les paramétrages classiques sont de différentes natures :
– apparence des boutons et des formulaires de paiement;
– devise, pays acceptés…
– taux et classes des taxes (généralement TVA)
– transactions effective lors de l’achat ou lors de l’expédition du colis
– page de remerciement une fois la transaction effectuée…

Vous pourrez alors procéder à des paiement fictifs au moyen dune carte de test dont le numéro vous sera donné par le PSP. Une fois tout en place, vous pourrez alors passer en environnement de production définitif.

L’ergonomie du paiement

Dans un monde parfait, et des géants comme Amazon l’ont bien compris, le meilleur système de paiement est celui qui permet un paiement en un clic. Cette technologie est toutefois accessible aux e-commerçants dans une certaines mesure.

La plupart des sites e-commerce vous demanderont de créer un compte client et d’indiquer votre adresse postale, téléphone, nom, prénom. Le strict minimum pour la livraison des biens achetés. Ces étapes ne sont pas toujours obligatoires.

Si vous commercialisez des produits virtuels (ebook, vidéos, coaching etc…) ou de l’hôtellerie par exemple vous pouvez tout à fait proposer un formulaire réduit à son plus strict minimum : numéro de carte, date, code CVC et un email. Stripe propose l’option d’activer l’enregistrement des informations de paiement en vue d’un prochain achat qui pourra être effectué en un clic.

Pour activer ce formulaire de paiement réduit à son plus strict minimum vous devez utiliser un module spécifique WP Stripe développé par un prestataire indépendant mais qui fonctionne très bien.

Quelles alternatives au paiement en ligne

Le paiement en ligne est dominateur pour des raisons pratiques mais il existe des alternatives. La bon vieux paiement pas chèque est toujours d’actualité. Chez Prestashop ou Woocommerce, vous pouvez l’activer au moyen d’un module complémentaire. Il est préférable de proposer cette option car environ 5% des internautes préfèrent encore utiliser ce moyen de paiement plus sûr à leurs yeux.

La paiement en cash est aussi possible via un module spécifique (Cashway par exemple). Le principe est que le client se déplace alors dans un bureau de tabac pour régler son achat en liquide. Une fois le paiement effectué, la boutique e-commerce est alerté et peut ensuite expédier le colis. C’est en résumé un système de tiers de confiance.

Bonnes pratiques pour la paiement d’un site e-commerce

Il est recommandable de proposer plusieurs solutions de paiement pour satisfaire les utilisateurs. Certains clients ne commandent que avec Paypal qu’ils estiment plus sûr. Il peut arriver aussi que la passerelle de paiement soit temporairement en panne (rare tout de même de nos jours) et dans ce cas proposer une alternative est salvateur.

Le manque de moyens de paiement est la 3ème cause d’abandon d’un panier sur un site e-commerce derrière les frais de livraison trop importants et la recherche d’un code promo de dernière minute.

Il faut ensuite prendre en compte la typologie des achat effectués sur votre site e-commerce :
– si vous vendez à l’international, la carte bancaire ne suffira pas. En Allemagne, c’est le prélèvement électronique de type ELV qui est privilégié. Aux Pays-Bas, c’est le virement qui est utilisé pour la majeure partie des transactions e-commerce.
– si vous vendez des produits très onéreux, un paiement contre-remboursement est à envisager, voire en 3 fois sans frais. Le paiement en plusieurs fois sans frais peut être proposé par votre banque. AU delà de 150 euros, elle est utilisée par 9% des clients en ligne.

En conclusion

Le paiement en ligne est devenu plus sûr et plus simple à mettre en place. Le paramétrage est désormais relativement simple si vous utilisez une plateforme e-commerce réputée. Il vous faudra toutefois tester votre processus d’achat avec attention afin de le simplifier au maximum et d’être sur d’effectuer un suivi statistiques exacts des étapes pour identifier celle qui provoque un taux d’abandon trop élevé.